Fricassée de Réflexions Ironiques à la mode Voltairienne ;-)

(actualisé le ) par E. Pavy

Au cours d’une séquence consacrée au portrait, et notamment au héros de l’Antiquité au XIXè siècle, les 4B 2013-2014 ont étudié un extrait du conte philosophique Candide de Voltaire consacré à la critique de la guerre. Cet extrait satirique leur a permis d’aborder la notion d’ironie et les différents procédés liés à l’ironie (antiphrase, oxymore...). Enfin, ils se sont prêtés à un exercice de pastiche en critiquant un sujet qui leur tenait à coeur à la mode voltairienne.

Voici le texte d’origine :

"Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d’hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque."
Voltaire in Candide (1759), chapitre III

A présent, voici quelques extraits de la plume acerbe de nos élèves. Attention, ces textes polémiques pourraient vous choquer ;-) Bonne lecture ! Et bravo à eux !

LA DISPARITION DES ANIMAUX
Rien n’est si beau, si doux qu’une belle peau de renard au pied de son lit ou qu’une tête de cervidé accrochée à son mur.
Des hommes préhistoriques à nos jours, la fourrure a toujours été au plus haut de la mode : que ce soit Cruella et sa fourrure en dalmatiens, Louis XIV et son manteau d’hermine ou même les Vikings, tout le monde en porte !
Quoi de plus amusant que de courir après les belettes, que de tuer les taupes et que de chasser les vautours ? (...)
Vivement qu’il n’y ait plus d’animaux alors nous serons tous égaux puisque nous serons tous dénudés !
Mais, que mangera- t-on ?!
Solène C.

LA TELE-REALITE.
Rien n’était si intelligent et instructif que ces jeunes qui passaient à la télévision pour faire part de leur vie tristement joyeuse à la France. D’ailleurs, celle-ci, faite de disputes fort constructives, semblait très intéressante. De plus, ces intellectuels semblaient être connus des génies de la science. (...) - Julie M.

LE SPORT A LA TELEVISION
Rien n’était si intéressant, si beau à voir, si agréable que de regarder les sportifs taper dans un ballon et courir dans l’herbe boueuse. Les coups de sifflet, les cris, les hurlements des spectateurs formaient un choeur plus beau que n’importe quel orchestre. Lorsque l’un des joueurs se faisait involontairement renverser par un adversaire, il entamait un ballet de pirouettes avant de se relever plus combatif que jamais. Et quelle réjouissance de savoir que pour un tel spectacle les joueurs gagnaient des millions d’euros... - Charlotte A.

LES HOMMES POLITIQUES
Rien n’était si intelligent, si dévoué pour la patrie, si bien organisé que les hommes politiques. Les politiciens, les ministres, les présidents formaient une intelligence telle qu’il n’y en eut jamais chez les fous. Leurs années d’études étaient mises au service du peuple. Tout d’abord le ministère du travail s’employa à décimer les industries pour les envoyer en chine, puis le ministère de la pêche, pour venir en aide à son collègue de l’industrie, décida qu’il fallait mettre tous les bateaux aux normes, ce qui mit sur la paille des milliers de pêcheurs. - Benjamin L.

LA POLLUTION
Rien n’était si merveilleux, si nécessaire, si indispensable que le gaspillage. Des tonnes de déchets, des sacs plastiques virevoltant au vent comme de belles feuilles d’automne, des papiers colorés et des emballages en tout genre embellissaient le paysage. Ce beau gâchis allégeait notre porte-monnaie et nous donnait la sensation d’exister et de bien être. - Gaëtan